Description
Protection : 2022/03/07 : inscrit MH
Époque : 18e siècle
L'aspect extérieur de l'édifice est austère, les rares éléments de décor se concentrant sur l'avant-corps de la façade principale et le clocher. La pierre de taille est employée pour souligner les soubassements, corniches, encadrements de baies, chaînages d'angle et contreforts. La façade principale, au nord, est de style néoclassique ; sur le côté ouest de l'édifice s'élève un clocher octogonal à deux niveaux couvert d'une coupole. Le décor de Regagnon s'inspire de celui réalisé entre 1848 et 1853 par Hippolyte Flandrin à l'église Saint-Vincent-de-Paul de Paris : théories de saints - vierges, martyrs et martyres, docteurs, évêques, apôtres... - en procession vers le chœur où est glorifié le Christ ; sur les piliers figurent les Évangélistes, les Pères et Docteurs de l'Église. Le décor du chœur est constitué de cinq grandes toiles marouflées : au centre figure la Transfiguration, entourée par la Nativité et Jésus parmi les docteurs, la Résurrection de Lazare et les noces de Cana. Le style et la palette de ces compositions, semblables à ceux déjà employés par Regagnon dans le décor de l'église d'Ercé (Ariège), se réfèrent aussi bien aux peintres des Trecento et Quattrocento (fresques de Piero della Francesca dans la basilique San Francesco d'Arezzo) qu'aux formules des Ateliers d'art sacré et en particulier aux œuvres de Maurice Denis (églises Saint-Louis de Vincennes (1923-1927) et Saint-Nicaise de Reims (1926).
Au 18e siècle, la région de Mazamet qui était jusque-là en majorité protestante connaît une arrivée importante d'une population catholique rurale due à un développement de l'activité textile. La construction d'une nouvelle église est décidée en 1740 mais les travaux ne débutent qu'en 1742. Ils s'achèvent en 1767 ; des malfaçons obligent à édifier huit contreforts pour soutenir les murs latéraux en 1755. En 1863, A. Caraguel (futur évêque de Perpignan) étant curé, l'édifice, « sale », fait l'objet d'une campagne de travaux au cours de laquelle le peintre Jacques Pauthe réalise « la décoration complète de l'église », et Amédée Bergès, maître-verrier toulousain, les vitraux. En 1954, une nouvelle restauration est initiée par le chanoine Carivenc, conseillé par l'architecte Pierre Millet, avec l'aide du peintre André Regagnon. Ce dernier reprend le décor des voûtes qu'il complète par des peintures murales dans les bas-côtés ainsi que par des toiles marouflées dans le chœur.